Passionné par les films de Jackie Chan, Akira Toriyama eut l'idée d'un manga fondé sur le kung-fu, c'est ainsi qu'il imagina un manga court du nom de Dragon Boy. Le succès de ce manga l'incita à mettre un terme à Dr. Slump et à créer une nouvelle série : Dragon Ball. Elle sortit en 1984 dans le célèbre Weekly Shonen Jump, elle raconte le parcours initiatique du héros, Son Gokû, à travers la recherche de boules magiques. Il n'était nullement question d'extraterrestres se transformant en singes géants au départ. Toriyama concevait alors l'histoire sans savoir quelle direction elle allait prendre. L'aspect authentique des personnages et l'atmosphère ont fait de cette histoire un succès phénoménal. Son Gokû devient la vedette de spots publicitaires et Akira Toriyama est invité dans bon nombre de shows télé japonais. N'existant plus que par Dragon Ball, Toriyama étouffe. Ce succès deviendra vite un fardeau. Pour pouvoir s'échapper de ses obligations, l'auteur dessine quelques courts récits parallèles à l'univers de Dragon Ball. Mais ces récits sont de plus en plus difficiles à réaliser. Le temps manque et malgré l'aide de ses collaborateurs du Studio Bird, Toriyama est obligé de se consacrer exclusivement aux aventures de Son Gokû. Toriyama décide de mettre fin à sa série après quatre ans de succès. Il commence par vieillir les personnages et leur fait vivre une ultime aventure où ils combattront le mal incarné de leur planète : le démon Piccolo Daimaô. Mais Shueisha, l'éditeur de Dragon Ball, refuse l'arrêt de la série. Toriyama finira par céder mais cette suite ne sera pas produite suffisamment vite pour que la Toeï Animation, producteur de la série animée de Dragon Ball, en réalise l'adaptation. La série Dragon Ball s'arrête au 153e épisode et une nouvelle série intitulée Dragon Ball Z commence. Le succès est toujours au rendez-vous mais Toriyama n'en est pas moins lassé par les aventures de ses héros. C'est ainsi qu'il alourdit les intrigues, faisant du cycle Freezer le plus tiré en longueur de la saga Dragon Ball. La série chute dans les sondages. Toriyama décide alors de lancer une nouvelle série : Cashman. Mais cette parodie de Spielvan n'aura pas le succès escompté. C'est à ce moment que Toriyama redonne un peu de mordant à sa série phare. Elle retrouve un second souffle avec la saga Cell. Le temps arrange les choses et Toriyama mène Dragon Ball tambour battant jusqu'au 42e volume. Dragon Ball a été traduit dans un grand nombre de langues : coréen, italien, chinois, français, espagnol... Les anglophones furent les derniers à découvrir le manga.
Dragon Ball trouve sa première inspiration dans le conte chinois shinto-bouddhiste Le Voyage en Occident (également traduit saiyuki en japonais, 西遊記 Saiyūki, la légende du voyage vers l'ouest, tout comme le manga Gensômaden Saiyuki). La série conserve plusieurs éléments comme le nom du héros : Son Gokû (référence au roi des singes de la légende) et les objets magiques comme le nuage, le bâton et l'éventail. Dragon Ball, ou tout du moins Son Gokû, existe dans l'esprit d'Akira Toriyama depuis très longtemps. De premières ébauches de l'adaptation de ce conte, nommées Gum Gum Punch Songoku! et Journey to West, sont réalisées alors qu'il n'est pas encore un mangaka confirmé. Bulma et Oolon, figurent déjà dans ces histoires. Dragon Boy et Tongpoo, des histoires courtes réalisées juste avant Dragon Ball, sont aussi assez proches des aventures de Son Gokû.
De nombreuses références à ce classique de la littérature chinoise sont présents dans The World. Ainsi, les animaux transformistes (présent dans Dr Slump ou Dragon Ball) sont une référence au personnage de Zhu Bajie, quant au héros (quelle que soit la série), c'est la synthèse du roi des singes (combatif) et du bonze (naïveté). Cependant, c'est au sein des aventures de Sangoku que les ressemblances sont les plus frappantes, ce qui amène souvent à voir Dragon Ball comme une adaptation du voyage en Occident (pour les deux premiers tankōbons). Parmi ces hommages dans Dragon Ball :
-Oolon, le premier animal transformiste a comme forme initiale celle d'un cochon comme Zhu Bajie.
-Sangoku, le héros (en dehors des traits communs aux héros de The World) a une queue de singe, un baton qui grandi et un nuage magique, qui renforce la référence au roi des singes.
-L'épisode de la montagne de feu qui dans le roman est éteint par l'éventail magique, et qui dans Dragon Ball est éteint par un Kaméhaméha de Tortue géniale (qui avoue avoir possédé et perdu ce même éventail).